Titre : Déraciné
    Editeur(s) / Développeur(s) : From Software | Japan Studio
      Disponible : PS4 (PSVR)

Résumé : Quels mystères inoubliables allez-vous découvrir dans cette aventure en exclusivité sur PlayStation VR ? Dans Déraciné, vous incarnerez un esprit dans un pensionnat isolé. Non seulement vous devrez prouver votre existence, mais vous devrez également tisser des liens uniques avec les pensionnaires.

Il était une fois… Déraciné, un jeu annoncé lors de l’E3 pendant la conférence de Sony, créé par From Software, autrement dit, les créateurs de Dark Souls et Bloodborne. Le jeu est en réalité virtuelle, une grande première pour Hidetaka Miyazaki et toute l’équipe de From Software. Exclusif à la PS4 et son PSVR, ce n’est pas la première fois que le studio signe une exclusivité avec Sony. Outre Demon Souls, c’est surtout Bloodborne qui nous intéresse, les premiers trailer de Déraciné nous rappellent vaguement une ambiance artistique soignée, notamment par les objets et le mobilier.

Déraciné vous plonge dans une histoire où vous incarnez un esprit dans un manoir faisant office de « pensionnat » isolé du monde extérieur. En incarnant l’esprit, vous allez devoir prouver que vous existez auprès des enfants par le biais de missions sous forme d’énigme comme par exemple la recherche d’objets qui permettront d’aider certains protagonistes. Le jeu est décomposé en plusieurs chapitres qui sont des repères chronologiques. Le temps est d’ailleurs un élément crucial du jeu, en tant qu’esprit vous intervenez dans des lieux où le temps est figé à l’exception de certaines phases de résolution d’énigmes ou d’interaction avec les protagonistes.

Rien d’innovant pour cette première aventure VR. Nous aurions pu imaginer que les concepteurs de Dark Souls auraient apporté une touche de révolution à la VR mais ce n’est pas le cas. Hidetaka Miyazaki le confirme lui même lors d’une interview sur le blog de Playstation, il n’est pas là pour révolutionner la VR mais apporter une émotion à travers le jeu. Le jeu tient plus du Point & Click à la The Wolf Among Us avec une vue à la première personne qui nous plonge dans l’aventure. Vous allez interagir avec des objets, des personnages, vous déplacer par téléportation, ce qui vous évitera le « motion sickness ». La question qui se révèle suite à cela : Avons-nous besoin réellement de la VR pour ce jeu ? La réponse est nuancée, oui et non. Non, car on aurait pu faire un jeu directement à la première personne et suivre l’aventure normalement. D’un autre coté, la VR est nécéssaire car elle fait partie de l’univers, de celui qu’on incarne. Très personnellement, je suis content que ce soit en VR plus qu’un jeu classique, c’est une histoire ayant besoin d’immersion pour véhiculer une émotion.

Déraciné est avant tout un jeu ayant pour thématiques le temps et la vie. Ces thèmes sont présents dès le prologue du jeu, à travers deux objets, la bague de vie et la bague de temps. Cette première bague, vous permettra de prendre la vie comme par exemple d’une grappe de raisin, ce qui vous permettra de faire revivre une équivalence, comme une fleur. Au niveau du scénario, la vie est importante, assez vite, nous comprenons qu’il existe certains enjeux et un mystère qui plane comme un esprit sur ce pensionnat. La deuxième bague, qui symbolise le temps et qui prend la forme d’une boussole, vous permettra de voyager à différentes dates où les événements du jeu ont une importance. Attention dans le jeu vous n’êtes pas libre du choix de la date, le jeu est bel est bien scripté. Un point qui prendra son importance, le temps et la vie sont jumelés d’une certaine manière aussi bien dans le scénario que dans le gameplay, pas un mot de plus, pour éviter le spoil.

Si Déraciné ne convainc pas à l’unanimité pour son gameplay, c’est bien par la voie artistique que le jeu se dégage d’une belle aura. Minutieusement travaillé, il révèle tout son potentiel au fur et à mesure que nous avançons dans le scénario. Il faut rappeler que le jeu est en réalité virtuelle, il est rare de voir des jeux possédant une modélisation quasi parfaite des objets. Jumelé à ça, une ambiance soignée avec des jeux de lumière et un décor réaliste, Déraciné est une réussite artistique. Le détail des personnage est aussi mis en valeur, comme des blessures, marques ou des objets pouvant créer une interaction.

Comment ne pas être en immersion lorsque l’OST est réalisée par Yuka Kitamura, la compositrice des Soulsbornes. Rien qu’à l’idée, nous savions que le résultat serait parfait et c’est le cas. La musique est un élément important qui compose avec perfection l’environnement de Déraciné. Quand vous avancez vers la fin du jeu, alors qu’une musique est présente depuis le début du chapitre, elle se coupe discrètement pendant un moment laissant le joueur douter de la suite des événements jusqu’à reprendre sur une note plus grave annonçant un possible revirement de situation. La musique vous accompagnera tout au long du jeu et saura vous marquer d’émotion dans certains passages. Ce sont ces petites choses qui font qu’une OST est réussie. À réécouter tranquillement, une fois le jeu fini.

Nous faisions états d’un intérêt à Bloodborne au début de notre critique, il est vrai que les raccourcis peuvent être faciles en voyant Sony en tant qu’éditeur et Miyazaki en lead du projet. Les fans n’ont pas attendu la sortie du jeu pour faire des liens tant l’esthétique de Déraciné rappelle celle de Bloodborne, d’une certaine manière. Qu’en est-il après la sortie du jeu ? Déraciné serait-il le jeu annonçant une potentielle suite à Bloodborne ou une simple réutilisation d’éléments ? Nous préférons vous prévenir qu’à partir d’ici, il y a un risque de spoil, vous êtes prévenu. Nous penchons pour une réutilisation d’élément avec des Easter Eggs pour les fans de Bloodborne qui joueront à Déraciné, comme la poupée et sa description rappelant vaguement une autre cachée dans un rêve du chasseur, la présence d’une effigie rappelant la 3ème fin et un livre Blood & Bones dont la description ne laissera pas un joueur indifférent. Bien qu’on pense fortement au clin d’oeil, une part de nous y croit, Déraciné annoncerait une suite à Bloodborne sans y prendre part. Et si nous spéculions un peu, on pourrait penser que Bloodborne est une histoire présente dans un livre rangé dans la bibliothèque du manoir, ou bien une histoire écrite par l’un des enfants. Il est amusant de voir le nom des enfants, Hermann (rappelant Gerhman) et Lorinc (prononcé Lawrence), un détail qui personnellement nous a marqué. Il y’en a d’autres et peut-être qu’un jour nous en ferons une théorie bien plus complète mais pour l’heure on se contentera de ce paragraphe.

Déraciné est une histoire, plus qu’une expérience, développée uniquement pour être jouable en VR. Hidetaka Miyazaki souhaite grâce à ce jeu véhiculer une émotion au joueur. Pour nous, c’est le cas, nous attendions un jeu à la From Software mais uniquement pour son scénario. Le gameplay et l’expérience VR ne sont pas l’argument d’achat pour ce jeu, vous risquez d’être déçus si vous ne vous intéressez par un minimum au scénario et au détail de l’univers. Ce n’est pas une oeuvre à mettre dans toute les mains, la durée de vie est satisfaisante si vous vous intéressez un minimum à ce qui vous entoure, sinon comptez minimum 6h de jeu. Déraciné est pour nous un jeu qui restera gravé dans nos mémoires.

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