“De Blade Runner à Matrix en passant par Akira,
l’année 2019 sera sous le signe du Cyberpunk”

Ça y est nous y sommes, 2019, et si les prédictions cyberpunk d’un monde sous le joug de méga-corporations et d’un futur dystopique nous semblent de plus en plus proches de la réalité, le monde tel que le cyberpunk le conçoit n’est pas encore là pour autant (où sont nos voitures volantes, nos cyborgs et nos nanotechnologies surdéveloppées ?!). Néanmoins, ça semble inévitable, 2019 sera cyberpunk : Matrix fête ses 20 ans, CD Projekt Red fait saliver le monde des gamers avec un Cyberpunk 2077 des plus alléchants et, après tout, Blade Runner et Akira se déroulent bien respectivement dans des Los Angeles et Tokyo futuristes en… 2019. Ainsi, histoire de rappeler l’incroyable puissance d’évocation et la richesse d’un genre pourtant annoncé comme mort et enterré plus d’une fois depuis près de 30 ans, sur 2nd Run nous avons décidé de sortir les trench-coats, mirror shades et autres cyber-prothèses du placard afin de célébrer nos oeuvres cyberpunk préférées tout au long de l’année. Ne vous attendez donc pas à une liste exhaustive, ce qui compte ici, c’est de se faire plaisir et d’assumer notre mauvaise foi et notre fanboyisme déviant.

Pour comprendre ce qui fait tout le sel du genre, il faut d’abord s’arrêter sur son nom. Cyber, pour tout ce qui a un rapport avec la technologie, l’omniprésence de celle-ci et la frontière de plus en plus ténue entre l’Homme et la machine à travers le post-humanisme ou encore l’évolution des I.A. Punk, pour la caractérisation des “héros” qui habitent ses univers. Il s’agit en effet de personnages généralement à la marge, ayant un regard plein de défiance envers des systèmes corrompus dans lesquels les états n’ont plus aucuns pouvoirs et sont remplacés par des corporations too big to fail. Ajoutez à cela une narration sombre et des archétypes de romans noirs modernisés : femme fatale, détective ou hacker à la recherche d’une vérité inaccessible, gangsters… Le tout dans des environnements urbains surpeuplés dans lesquels les inégalités sont de plus en plus importantes. Bref, le cyberpunk se veut futuriste et subversif mais garde aussi un oeil orienté vers le passé avec un petit côté rétro.

Même s’il s’agit d’un genre relativement jeune dans le paysage de la science-fiction, il n’est pas si évident de déterminer l’année 0 de sa création, ni de recenser toutes les oeuvres et tous les événements qui ont amené à la construction de ce qui est, aujourd’hui, devenu un mouvement. Certains, plus compétents que moi, ont déjà tenté de mener cette tâche à bien, ainsi je préfère lâchement abandonner avant même d’avoir commencer pour que l’on puisse se concentrer ici sur ce qu’il est impossible d’ignorer… Avant tout un mouvement littéraire, le cyberpunk a rapidement évolué pour englober tout un tas d’éléments de la sous-culture, se permettant même quelques intrusions dans le mainstream. Si le terme cyberpunk en lui-même a été utilisé pour la première fois par l’auteur américain Bruce Bethke dans sa nouvelle du même nom en 1983, un certains nombre de romans des années 60 et 70 portaient déjà en eux des éléments propre au genre. Le plus célèbre étant sans doute le fameux Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick. Cependant, c’est bien dans les années 80 que le cyberpunk va exploser parce qu’il porte en lui tous les questionnements et les fascinations de l’époque. De ce point de vue, c’est peut-être d’ailleurs bien pour ça que le genre fait un comeback remarqué à notre époque où tout le monde semble fasciné par cette décennie. S’il fallait, encore aujourd’hui, ne retenir que deux exemples parfaits pour définir le cyberpunk il semble impossible d’ignorer le roman Neuromancer de William Gibson et évidemment le Blade Runner de Ridley Scott. Deux oeuvres qui ont inspiré tout ce qui a suivi ensuite.

Néanmoins, si tout le monde s’est inspiré et s’inspire encore de ses deux-là, le cyberpunk a su évoluer et muter pour offrir des productions dans à peu près tous les médiums qui existent depuis 30 ans. En littérature les exemples sont légions, au cinéma les Wachowskis nous ont envoyé en pleine face la saga cyberpunk définitive avec Matrix, le jeu vidéo, de son côté, exploite depuis longtemps le genre à travers la saga Deus Ex par exemple ou encore le Snatcher d’un certain Hideo Kojima… Au japon d’ailleurs, de nombreux artistes se sont engouffrés pleinement dans la brèche dans les domaines du manga et de l’animation avec, excusez du peu, des oeuvres comme Akira, Ghost in the Shell ou Gunnm

Avec ses oeuvres sans sentimentalisme, ses anti-héros déviants et son attitude nihiliste, le cyberpunk a fait exploser en plein vol la S-F à papa des décennies précédentes pour créer un mouvement global qui a su comprendre son époque et anticiper le futur, parfois avec une précision terrifiante. Ainsi l’avenir imaginé par quelques auteurs à la marge durant les années 80 est toujours d’actualité, alors oui, 2019 sera cyberpunk.

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