Titre : Bloodborne (VO : Bloodborne #1-4)
    Scénario : Aleš KOT | Dessin : Piotr Kowalski | Couleur : Brad Simpson, Kevin Enhart
    Éditeur : Urban Comics

Résumé : Un chasseur sans nom se réveille dans la ville antique de Yharnam, une cité en proie à la maladie et dont les rues résonnent du râle de créatures terrifiantes. Cherchant par tous les moyens à échapper à la Nuit de Chasse, le chasseur se lance dans une quête dangereuse et violente dans l’espoir de mettre fin au mal qui ronge la cité.

Le cauchemar a-t-il une fin ? C’est une des premières questions que pourrait se poser un nouveau chasseur fraîchement débarqué dans la cauchemardesque mais au combien envoûtante Yharnam. Aussi bien sur console que dans ce nouveau comics, un chasseur s’éveille dans un monde atypique et empreint à la folie sans comprendre ce qui s’y passe jusqu’à ce qu’on lui donne un but, chercher le Pâlesang pour transcender la chasse. Vous ne comprenez rien, c’est normal, bienvenue dans Bloodborne !

Bloodborne est une oeuvre vidéoludique parue sur Playstation 4, développée par From Software à qui nous devons l’univers des Souls (Demon’s et Dark) réputé pour leur dureté mais aussi leur univers cryptique. Bloodborne ne fait pas l’exception bien que celui-ci se différencie par son univers moins Dark Fantasy et plus Lovecraftien, digne descendant du Romantisme noir. Si vous souhaitez en connaître plus sur ces univers de superbes ouvrages sont disponibles notamment chez Third Editions avec Dark Souls, par delà la mort. Dans Bloodborne, vous débarquez dans une ville lugubre, en proie à la violence et la folie mais aussi jonchée de créatures terrifiantes. Le chasseur doit échapper à la Nuit de la Chasse pour mettre fin à ce cauchemar.

Le comics emprunte énormément à l’oeuvre originale, trait pour trait on reconnaît facilement les personnages, les lieux et créatures croisés dans le jeu. Alors survient la question « c’est la même chose mais en comics ? » et bien non, vous allez suivre une histoire différente et surtout des événements mais rassurez-vous, tout est bien familier et sans faux pas. Les premières planches mettent en scène un chasseur tout comme dans le jeu, qui va vivre la même souffrance de mourir et recommencer jusqu’à réussir (vous inquiétez pas c’est le début et ce n’est pas long). D’ailleurs le fait de voir certaines mécaniques du jeu dans un comics (la mort du personnage, la lucidité) est plutôt bien trouvé. Vous allez rencontrer des visages familiers comme Gehrman, Djura ou encore Iosefka mais aussi des lieux voire des créatures. Temporellement, l’histoire devrait se dérouler avant les événements du jeu, plusieurs indicateurs sont là pour le prouver, exemple avec Iosefka qui soumet l’idée de condamner la porte de la clinique.

Aleš Kot a reproduit à merveille l’univers de Miyazaki. Sans vouloir en faire trop, il apporte une histoire supplémentaire au Lore de Bloodborne qui fera plaisir aux fans des Soulsborne. On pourrait dire qu’il est même allé plus loin, car il ne traduit pas l’oeuvre mais apporte encore plus d’éléments sujets à l’interprétation, comme pour le Pâlesang, un des éléments clés du jeu et du comics. Certains moments sont plutôt bien trouvés, notamment la présence de créatures divines du lore (Les Grands) et l’utilisation de la lucidité. Reste à savoir si l’oeuvre est accessible pour les néophytes… C’est ici que ça se complique. Connaissant l’univers après plusieurs run et plusieurs lectures du titre, le conseiller à quelqu’un ne connaissant pas l’univers serait peut-être une erreur, un minimum de connaissance du Lore est requis pour apprécier pleinement ce comics, rien que pour les détails. Urban Comics a mis à disposition sur son site plusieurs articles permettant la compréhension de l’histoire et de certains éléments (avec du spoil, vous êtes avertis). Ce n’est pas anodin, c’est une lecture à conseiller pour des personnes ayant déjà une expérience avec le jeu ou pour des fans.

Graphiquement c’est correct, les personnages, objets et lieux sont respectés dans le style du dessinateur bien que certaines créatures perdent de leur charisme voire de leur côté « effrayante ». Les traits du visage et l’encrage sont très appuyés, c’est ce qu’il fallait pour un univers tel que Bloodborne. Piotr Kowalski réussi même à garder la « surprise » de l’identité du chasseur grâce à ses dessins, un détail qui peut être insignifiant mais reste relativement cool. Les illustrations de couvertures sont aussi très chouettes avec une couleur magnifique, notamment sur les éléments de l’armure du chasseur.

Au final, le premier tome de Bloodborne est une réussite. Là où beaucoup de comics adaptés d’un jeu vidéo se plantent par manque d’originalité ou avec des idées plates, celui-ci propose une aventure en gardant le charme du jeu de From Software. Aleš Kot à rempli sa mission en apportant une petite pierre à l’édifice d’un univers pouvant être sans limite. S’il devait y avoir un point négatif ça serait les dessins, j’aurais opté pour encore plus sombre et horrifique avec des dessins proches de l’artbook, plus de noirceur et de détails. C’est une lecture conseillée aux fans de Bloodborne, pour les néophytes c’est à essayer et peut-être que ça vous donnera l’envie de sombrer dans la folie Yharnam à la recherche du Pâlesang.

Les articles de Urban Comics sur Bloodborne écrit par Sylvain Romieu (co-auteur de Dark Souls, par-delà la Mort)

Disponible sur :

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